A l'italienne


Je ne vous le cacherai pas, je reviens tout droit dU cabinet de mon phoniatre. Pour ce qui est de la voix, il y a Un net progrès, mais certains sons m'échappent encore, à savoir la lettre « U » que je prononce « OU » . Alors, s’il vous plait, ne vous moquez pas de moi, sUrtout à cette heure indUe. Votre religion vous l'interdit.


Grand-dUché de LUxembourg, il pleut drUment !
Ce n'était pas ma veine car jUstement aujourd'hui nous devions, Un collègue et moi, laisser de côté nos bUreaux de travail et notre secrétaire GUdUle, une belle blonde rUsse, pour Une partie de chasse dans les bois avoisinants.
Avec ce vent et cette hUmidité bien présents, il fallait être cUlotté pour ne pas enfiler Un pardessUs ! Mon collègue, lui, avait deux pUlls sUr le dos pour avoir bien chaud !
Fin prêts, nous sortîmes par la grande rUe avec nos deux chevaux.
Arrivés au bois, mon collègue avait pour tâche de débUcher Un lapin sans fUret ainsi que quelques cerfs en rUt tandis que je devais assUrer le guet à l'orée dU bois, prêt à faire feu.
De la bUée sUr mes verres m'empêchait de distinguer correctement cette nUée de rouges-gorges et sUrtout cette bUse qui volait en rase motte et cela trois heures dUrant !
Cela dit, nous manquions crUellement d'expérience vU notre âge..nous devions encore mUrir pour la chasse.
Il n'y avait pas de quoi rUgir de colère, bien qu'avec nos deux pUr-sang nous n'en menions pas large !
Lorsque soudain je m'exclamai vers mon collègue : « LUc regarde à cent mètres Un cabaret ». Il me répondit : « ok mais ne nous attardons pas, je travaille la nuit je te le jUre ».
Nous entrâmes trempés et fUmes accueillis par Une personne froide, autant dire Un mUfle. Seule Une table à proximité dU podium demeurait inoccUpée.
Au pied de celle-ci, se trouvait Un bol et Un chat qui semblait adorer son lait sUri par le temps.
Bien installés cette fois, nous commandâmes Une pUlpe d'orange. InUtile de vous préciser qu'elle était franchement dégueu !
La serveuse, loin d'être mUette comme Une carpe (oui tU l'as dit), nous mit en garde immédiatement en lançant : « c'est foutU pour les boulettes, mais il reste des frites ».
Nous pressentions que ce dîner ne serait pas sUper ! Par contre, le vin du fUt, lui, coula à flots, à tel point que j'avais les bUlles…dans mon verre. C'était Une bonne cUvée aurait dit ma poule !
Mais tU ris LUc. Non, non, me répondit-il, je suis bien c'est tout.
Quand, tout à coup, Un bruit sUrvenant dU podium nous interpella.
Waouh ! Kate BUsh en personne !
Pour Une fois elle portait un tUtU bien frisé.
Nous nous plUmes à l'écouter et ce fUt Un régal pour nos oreilles. C'est fou ce qu'elle est à l'aise dans l'aigU !
Même ce malotrU qui sortit des toilettes, tel Un drogué sans son parachUte ne vint pertUrber notre quiétUde. (On apprit bien plUs tard que ce sale type vendait des rUches de format standard).
Peu de temps après, et au fUr et à mesUre que le cuistot s'approchait de nous, nous restâmes mon collègue et moi, étonnés de voir ses mUles aux pieds. Ca devait être Un drôle de gUsse lui aussi… aïe, aïe, aïe !
Il nous apportait, en fait, Une bUche bien garnie que nous mangeâmes goulUment. Je pensai tout bas que la mUre sUr Un lit de crème fraîche était, évidemment, la cerise sur le gâteau.
L'heure bien avancée, je sortis le bipeur de ma poche et LUc de me demander : « tU bipes ton médecin ? ». Et de lui répondre : « mais non, j'avertis GUdUle de notre retour ».
Après avoir salUé Kate et ce cuistot, nous sortîmes, toujours sous la pluie, et regagnâmes à toute allUre notre établissement.
Quelle ne fUt pas notre sUrprise de constater les dégâts occasionnés par l'eau !
Tout était inondé, ou presque !
Je lançai à très haute voix : « amenez la pompe par ici et sauvons encore ce qui peut l'être de ce mobilier très très ancien ». Et GUdUle de me répondre : « cette pompe à dUr ! ».
Notre patronne, quant à elle, s'en foutait royalement ! Pfut ! Quelle vache celle-là alors, Une vraie brUte ! Mais pour moi, et fort heureusement, ce n'était tout de même pas ma chUte, j'avais d'autres bUreaux bien sympathiques.
J'espère qu'on n'en arrivera pas à l'ire italienne car, à la longue, la paix paie si bien !

Je vous embrasse chaleureusement.

JUles de RedU


Lecameleon
     



Créer un site
Créer un site