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LES MÉTIERS


Cette introduction n'est pas une scie et je ne voudrais pas qu'elle vous tenaille.
J'ai donc resserré les boulons pour ne pas m'éterniser sur les détails.
Donc, vous parler d'une raclette indigeste viendrait mal à propos.
Me traiter de loque, me dire que j'ai la langue qui fourche, me considérer comme un drôle d'outil et me crier « du balai » serait évidemment déplaisant car,
loin de là, je ne suis pas marteau.
Et faire machine arrière serait d'autant plus dommage car j'ai mis des gants aujourd'hui.
Je ne voudrais surtout pas être à couteaux tirés avec vous.

Voici à présent, et à la pelle, une palette de mots, qui mariés aux différents métiers s'y rapportant constituent un régal pour vous lecteurs.



Comme toutes les années, à la même époque, un gala, ouvert à tous les corps de métiers, est organisé par la ville de Luxembourg. Là, on a pris l'habitude d'y débattre de problèmes encourus au cours de chaque défunte saison.
Exception sera faite pour cette fois-ci. En effet, vous n'êtes pas sans ignorer, et cela est bien dommage, que le rire n'est plus trop d'actualité.
C'est pourquoi, pour remédier à ce manquement, seul un sujet prévaudra cette année : les facéties au travail.
Un véritable sommet en perspective.
Pour la circonstance, et vu le nombre de personnes attendues, nous élirons domicile dans l'impressionnant hémicycle mis à notre disposition.
Déjà les remarques fusèrent, telles : "enfin on va désennuyer l'atmosphère", "on pourra s'en donner à gogo", "enfin une réunion euphorisante".
Pour la présidence (sans jeter de l'huile sur le feu), on fit appel à lady Hoxine avec sa gueule enfarinée et au secrétaire sire Taki, un danseur grec.
Après quelques recommandations d'usage notre chère lady nous invita, tour à tour, à prendre la parole pour raconter nos anecdotes les plus comiques.
Autant vous signaler que tous se pressèrent au portillon.



Le premier à s'avancer était un peintre. Il semblait extrêmement pressé et tomba en s'emmêlant les pinceaux.
Quel tableau émouvant disaient certains. D'autres ajoutaient, non sans déplaisir, qu'il devait être au bout du rouleau.
Ces faits et gestes prêtèrent à rire et annoncèrent la couleur pour cette belle journée.
Un vétérinaire téméraire qui avait emboîté le pas du peintre vint à son tour devant la scène.
Avec un chat dans la gorge, il se donna un mal de chien à nous décrire ses histoires drôles.
Nous, on n'avait pas compris grand chose.
"Y a-t-il un médecin dans la salle ?" s'égosilla la présidente. Pas de réponse. Bah, lança-t-elle narquoisement, c'est qu'il était bloqué dans une artère au coeur de la ville. Chacun put se dilater la rate.
Le troisième intervenant était un carreleur un peu cocasse. Il riait seul dans sa barbe. Moi, disait-il, je me suis retrouvé sur le pavé et je n'y comprenais que dalle. Ce dont je me souviens, c'est juste d'avoir baîllé devant mon chef et lui de m'avoir dit : "baille-baille", et d'ajouter : "à un de C4". C'est pas très folichon n'est-ce pas !
Ne soyez pas dépité lança un plombier. Venez plutôt rejoindre notre équipe. Vous savez, dans notre métier il y a plein de débouchés et vous ne risquez pas d'avoir du plomb dans l'aile.
Quand tout à coup : "ne vous éloignez pas du sujet" protesta un dentiste. C'est fou ce qu'il a la dent dure ou la critique incisive celui-là. Il profita de l'instant pour, lui aussi, nous en raconter une bonne. Je me rappelle avoir demandé à un patient : "dites-moi, monsieur, de quel côté mangez-vous ?" Moi ? "Du côté de la gare !" "Vous avez une dent morte, je vous fais une couronne ?" Et le patient de répondre : "non, non, sans cérémonie ...".
Un rire homérique envahit la salle.
Entretemps, le démolisseur quitta furieusement les lieux. Il était complètement démonté.
Le chauffagiste lui, brûlait d'impatience d'exposer son histoire. Il s'était aussi enflammé pour les propos du dentiste. Mais il n'aura pas le temps de s'exprimer et ça, il l'ignore encore.
Dans cette euphorie, le jardinier parvint à se hisser sur la scène. Bien qu'empoté il n'en demeurait pas moins quelqu'un d'étonnamment cultivé. Il nous émoustilla tous par sa façon de caricaturer les gens qui se prennent trop au sérieux. On étouffait de rire.
Ensuite, vint le tour du cuisinier. C'était une grosse légume. Timide, il devait se farcir tout le gratin ici présent. Bien que nullement dans son assiette, il n'y alla pas avec le dos de la cuillère et parvint aussi à désopiler l'assemblée.
Le chef de gare lui, ricanait et resta sans voix. A fond de train il imita le démolisseur et quitta les lieux trouvant tout cela grotesque.
Pendant ce temps, le bibliothécaire avait pris la parole. Il se livre volontiers à nous. Il disait : "pour moi, une bibliothèque est un hôpital pour l'esprit". Pour l'anecdote, je me souviens, d'un jour, dans le cabinet de lecture, une voisine de table avait fait un vent. Quelle pétulance lui avais-je dis. Vexée, elle me répondit : "je vous interdis de me tutoyer".
Ce fut l'hilarité la plus complète, tout le monde exultait.
Le cordonnier qui se pâmait de joie avait quant à lui bien du mal à gagner le pupitre. Avec son cuir... chevelu étrange, il semblait être dans le cirage. Bien sérieusement, il vida son sac et détailla un casse manqué dans son magasin. Il ajouta que les voleurs avaient dû faire ceinture.
Tout le monde riait aux anges.
Le boulanger lui, nous expliqua qu'il était dans le pétrin depuis que sa femme le faisait marcher à la baguette. Heureusement, il ne se passe pas une journée sans drôlerie. Tenez, voici un exemple. Une religieuse débarque dans mon établissement. Elle me demande ceci : "do you speak english ?". Et moi de répondre : "yes, soeur !".
On riait aux larmes.
Le pharmacien est appelé sur scène lança la présidente.
Quelle tuile disait le couvreur. Il est parti se faire dorer la pilule en Espagne. Si vous voyiez le cachet qu'a sa maison. Oui, je sais, c'est dur à avaler.
J'en profite pour vous signaler qu'au rayon absence on notera aussi celle de la fleuriste. Sachez qu'elle vous transmet toutes ses amitiés et qu'elle a une pensée pour vous tous.
C'est le bouquet s'exclama la présidente, qui sur ces entrefaites proposa un break d'une heure.
C'était pain bénit pour le boulanger, qui avec l'armurier comblèrent un petit creux en ingurgitant des pistolets richement fournis.
Le maçon lui, s'empiffra de sandwichs à la confiture de mûres.
Le vitrier mastiquait un chewing-gum après avoir avalé une glace.

Après une bonne heure, les débats reprirent de plus belle.
Le mécanicien s'avança et ses premiers mots furent : "il paraît que je suis le moteur du garage où je travaille et si j'ai pu débrayer aujourd'hui c'est grâce à un piston". Moi, je n'aurai qu'une seule chose à vous dire : "de tous les champignons, celui d'une voiture est encore le plus mortel".
Tous rirent aux éclats. Tous sauf un.
En effet, le facteur qui se poste devant le mécanicien lui dit : "je ne voudrais pas brouiller les cartes, mon vieux, mais ça commence à tourner en ridicule". Cet homme de lettres affranchi semblait complètement timbré.
Entretemps, le médecin qui venait seulement d'arriver, avait hâte de prendre la température ici.
Aussitôt on l'appela. Il ne nous a pas fallu longtemps pour s'apercevoir qu'il avait du poumon. J'ai énormément d'anecdotes à vous raconter mais une qui me revient souvent à l'esprit c'est ce patient que j'avais visité en hiver dernier. Je lui avais proposé de revenir avec ses urines l'été suivant. Et la stupeur ! Il roulait un gros tonneau devant lui !
Tout le monde se tordait de rire.
Tout à coup, dans le fond de l'hémicycle on entendit le photographe pester : "c'est très bien de rester objectif. Surtout ne devenez pas négatif".
Le vitrier, son voisin de siège, lui, se tenait à carreau.
Le boucher, tout à fait à l'opposé et qui lui à l'habitude de travailler avec ses tripes se tenait les côtes en lachant : "il y a un os". En effet, quelques personnes seraient encore absentes. J'en ai recensé plusieurs dont :
- Le métallo qui n'est apparemment toujours pas sorti de tôle.
- La dactylo qui est aussi sur la touche car elle a un foutu caractère.
- L'électricien qui lui, aurait des ampoules aux mains et un bon rhume suite aux courants... d'air.
Que voulez-vous lança l'architecte. Il y aura toujours des absents, cela n'échappera jamais à la règle souligna-t-il. Ils n'ont qu'a tirer leur plan.
L'informaticien, un ancien moniteur, voulait faire écran. Pourquoi ? Lui, il paraît, d'après sa soeur, qu'il est doté d'une intuition hors du commun. Il a toujours la puce à l'oreille.
Le démineur qui n'avait pas bonne mine explosa de colère quand un inconscient lui a demandé : "ça boume ?".
Il demanda l'assistance de son compère le coiffeur.
C'est vrai qu'à première vue ils sont bien de mèche.
Ce coiffeur nous a cassé les pieds avec ses propos rasoirs qui, d'ailleurs, tournaient en dérision.
Le maçon assura alors l'essentiel, lui qui a le sens de la plaisanterie. J'ai des arguments en béton à faire valoir disait-il. Actuellement sous les armes, j'ai dû faire le mur pour être présent aujourd'hui. Vous savez, aller au bloc et tirer au mortier ne m'ont guère changé de mes habitudes. Actuellement, je suis sans brique sur le sable. J'ai été renvoyé de mon travail lorsque j'avais balancé à mon patron : "roule tes cigarettes, ça te fera de l'exercice".
Tout le monde rit comme des dératés.
C'était le moment choisi par le pompiste, Marcel dit ‘Hésel’.
On murmura qu'il avait les sens incroyablement développés. C'est un homme bourré d'énergie. Ne suggéra-t-il point, en tapant des poings sur le pupitre, qu'on appela le serrurier et le musicien. N'ont-ils pas un rôle clef ici ?
Tambour battant, le musicien prit tout de même la parole. Il avait un drôle d'air mais se mit au diapason. Il n'y allait pas piano lorsqu'il nous apprit que la musique était le plus cher de tous les bruits. Sans commettre de fausses notes, il nous lança à tous : "accordons pour une fois nos violons". Pour ma part, laissez-moi vous en raconter une. Savez-vous que j'ai mis 5 ans pour écrire une berceuse. Ben oui, à chaque fois que je jouais le début, je m'endormais !
Flûte alors disaient certains ! On n'en pouvait plus.
Le dermatologue lui, n'avait toujours pas réussi à prendre la parole. C'est vraiment un manque de peau lorsque l'ébéniste le devança. Fièrement il disait : "moi, je me suis reconverti en opticien et, actuellement, je fabrique des lunettes de W.C". J'aurais bien aimé vous donner mon point de vue sur ce sujet débattu, mais j'en suis totalement incapable. Comprenez-vous, j'ai la gueule de bois.
Allez, allez, remets les pendules à l'heure et montre-nous la voie à suivre lui lança l'horloger.
Mais cet opticien était quand même mal en point.
Le comptable se pointa alors à toute vitesse et nous demanda pourquoi en Suisse l'air était si pur ? Un silence suivit cette question. Eh bien, parce que l'argent n'a pas d'odeur.
Aussitôt dit, il regagna promptement sa place. Le pauvre, il souffrait avec ces calculs... aux reins.
Avec son compère un chirurgien, ils leurs arrivaient d'effectuer des opérations de Bourse.
Tout doucement, la couturière guillerette, qui pour une fois avait fait le déplacement sans son patron, se faufila pour rejoindre la scène afin d'en découdre avec nous. N'essayait-elle pas de tirer son épingle du jeu en brodant autour d'idées débridées. Mais de fil en aiguille, et bien que ses propos soient décousus, on commençait à l'apprécier.
L'emballeur enjoué pourtant, qui boîte, n'avait pas trouvé ce débat très emballant. Il s'emballa et, à fond la caisse saisit le pistolet du boulanger, non pas pour faire un carton mais pour le dévorer, histoire de se changer les idées.

Lorsque nous 'faisons la gueule', nous mettons en oeuvre environs 50 muscles. Pour sourire seulement 10 suffisent. Alors, pourquoi nous surmener ?
A-t-on déjà été puni pour avoir fait mourir de rire ?


  DÉ....BOUCHÉ            DÉ....COUSU


Lecameleon

 


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