SOYONS SPORT

J'aurais pu habiter à Montigny-le-Tilleul, m'appeler Olivier ou avoir été grenadier à l'armée, cela m'aurait facilité la tâche.
Il n'empêche que l'idée que m'a suggérée ma femme me branche tout de même.
Elle n'est peut-être pas bâtie comme un chêne mais c'est un hêtre plein de charme.
Elle me disait : "allez ! au bouleau !".
Moi qui avais un coup de bambou et la gueule de bois, je ne pouvais pas me permettre de rester planté là à ne rien faire.
Je ne pouvais pas rester comme une souche et prendre racine !
Je tremble d'ailleurs à l'idée de ramasser une châtaigne.
Mais houx donc vais-je encore pêcher mon inspiration ? Devant moi, la feuille simple demeurait irrésistiblement vierge.
Je ne voudrais pas en venir à vous parler du coca (arbuste du Pérou) car les arbres à cames ne m'intéressent nullement.
Mais orne ton texte de jeux de mots ajoutait ma femme !
Tout en ingurgitant son pin de campagne, elle me surveillait. Elle était cyprès de moi ! C'était pire qu'au château d'If, croyez moi !
Qu'il est loin le temps où je pouvais me reposer sur mes lauriers.
A l'heure actuelle, j'ai beau adopter quelque position que ce soit, jusqu'à exécuter un poirier, mais cela ne change rien.
Je pouvais noyer mon chagrin ce soir. Haie ! Haie ! Haie !
Mais demain, c'est promis je bûcherai une bonne partie de la journée. Il va y avoir du sport.


Aujourd'hui, avec ce texte, je me suis permis de faire appel à deux ingrédients :
un brin de fantaisie et l'emprunt de vos prénoms que j'ai mis à toutes les sauces.
J'espère qu'il en ressortira une histoire plaisante et surtout que vous ne m'en tiendrez pas rigueur.



Sans vague à l'âme, j'arrivai enfin à la piscine.
Comme d'habitude c'est la douche froide et ça me plonge dans l'embarras lorsqu'il faut payer... en liquide.
En tournant le dos au guichet, n'ai-je pas eu la surprise d'entrapercevoir notre chère Laurence faisant la planche.
Il est vrai qu'elle avait la gueule de bois.
Moi, après avoir enfilé mon maillot et être arrivé aux abords du bassin, je portai mon regard vers notre joueur de pétanque, Michel.
Il avait les boules car Philippe, notre génial maître nageur, le réprimandait ouvertement.
Fiche le camp tout de suite s'égosilla-t-il. En effet, il avait remarqué qu'il faisait pipi dans l'eau.
Mais, répliqua Michel, tu n'imagines tout de même pas que je suis le seul !
Et Philippe de lui répondre : "si, du haut du plongeoir tu es le seul !".
Même submergé de travail, il se replongea dans son bouquin de kinésithérapie. Il se mouille encore !
Bah, lançai-je ! Alors en plein effort, je croisai Marie-Claude maintenant Patrick Rochet à bras-le-corps.
Elle éclabousse par sa classe mais lui manifestement préfère s'adonner aux plaisirs de la table (de ping-pong bien sûr).
Saviez-vous qu'il adore taper la balle après 22 heures. Mais attention cher ami, cela devient du tapage nocturne !
Johan, quant à lui, ne parvenait pas à regagner le bord, emporté peut-être par certains de ses projets qui tombaient à l'eau.
Il me raconta une anecdote sur le foot, où jadis il excellait : "aujourd'hui, disait mon entraîneur, tu vas jouer avant".
"Ah non, lui rétorquais-je, moi je veux jouer avec les autres !!!".
J'ai dû arrêter lorsque je me suis déboîté l'épaule.
(Un bon conseil pour toi : garde-toi d'embrasser les demoiselles à la piscine... elles aiment croquer tes joues).
Alors à ma trentième longueur, Micheline, notre locomotive, me lança : " ça baigne ? ".
A peine lui avais-je répondu que Myriam et Jacqueline vinrent à ma hauteur.
Ces deux anciennes joueuses de tennis ont bien avoué que c'était un sport d'irresponsables car on ne faisait que de se renvoyer la balle. Elles remarquèrent, tout comme moi, la présence d'un homme dans le fond de l'eau. Peut-être noyait-il son chagrin.
Quand soudain : "oh, mais c'est Walter !".
Nul ne pourra nier qu'il est bien un coureur de fond !
Après avoir accompli ma centième longueur, je m'assis sur le bord du bassin et, sans toutefois prêter l'oreille, j'écoutai Christiane et Martine s'échanger des confidences.
L'une disait : " tu sais, lorsque je faisais des compétitions, je préférais nager dans l'eau courante, les performances étaient meilleures ".
Et l'autre de répondre : " tu crois, il faut toujours se méfier de l'eau qui dort ".
Totalement à l'opposé, Carole, Vanessa et Odile , nos naïades, avaient l'air de bien s'amuser et parvinrent à mettre l'eau à la bouche de Bertrand.
C'était un piège. En effet, elles venaient de lui faire boire la tasse ou le bouillon comme vous préférez.
Que dire maintenant de Michel Cochin ? Qu'il est monté en flèche dans la hiérarchie ! Qu'il a plusieurs cordes à son arc ! Non, tout simplement qu'il reste sensible (sans cible) dans l'eau et qu'il préfère de loin bander... son arc.
Non Christophe, je ne te permets pas de rire !
Ivan, qui est toujours à cheval sur les principes ne cessait de parler de son sport favori, le polo.
Cet as du barbotage n'est pas, non plus, à son affaire ici.
Quant à Isabelle, nous étions tous loin de penser qu'elle adorait la piscine de Cologne, ou l'eau de Cologne comme vous voulez.
Rudy, Daniel et Pierre eux auraient plutôt un penchant pour l'eau-de-vie.
Miette et Roberte quant à elles raffolent de l'eau de toilette.
Alors que je m'apprêtai à sortir de l'eau, je fus le témoin d'un spectacle émouvant.
Notre maître nageur déclarait sa flamme à une jeune nageuse. Il ajouta même : " je me jetterais à l'eau pour vous ".
Ce que j'ai ri.
A la cafétéria, nous commandâmes tous, au plongeur, une... goutte, histoire de se remettre dans le bain !
Votre équipe est formidable. On se croirait dans un vivier sans marais où on est toujours à flot. C'est la source, voire un océan de bonheur pour quiconque s'introduit sur ce que j'appellerais "notre bateau de plaisance".
Croyez le bien, jamais ce club ne s'en ira à vau-l'eau.

Zut, mon téléphone sonne. Je me dois d'aller répondre. A l'eau...


Lecameleon

 


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